Connaître, comprendre… et pratiquer les jhâna !

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tirru...
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Connaître, comprendre… et pratiquer les jhâna !

Message non lu par tirru... » mer. 27 juin 2018 12:31

Bonjour,

Souvent nous pensons à tord que la pratique des jhâna n'est pas accessible au commun des mortels, or ce n'est pas le cas comme le démontre cet article de Institut d'Etudes Bouddhiques :
Connaître, comprendre… et pratiquer les jhâna !

Parmi les différentes pratiques de méditation bouddhistes, celle des jhâna reste certainement la plus méconnue. Bien qu’elle occupe une place extrêmement importante dans les textes – et qu’elle soit même celle que le Buddha pratiqua juste avant d’atteindre l’Eveil… – son enseignement n’a pas été autant diffusé en Occident que celui de la méditation dite de “Vipassana”. Certains disent même que les jhâna ne sont pas nécessaires à la Libération, mais parvenir aux jhâna présente pourtant beaucoup d’avantages et, depuis une dizaine d’années, elle semble même en passe d’être “réhabilitée” !
Deux ouvrages, depuis peu disponibles en traduction française, tentent de mieux faire connaître cette pratique : “Le manuel de méditation selon le bouddhisme Theravâda”, d’Ajahn Brahm, paru aux éditions Almora en avril 2011, et “Initiation à la méditation profonde en pleine conscience” de Bhante Hénépola Gunaratana.
Comme pour son “best-seller” consacré à la méditation de Vipassana (“Méditer au quotidien”), Bhante Gunaratana présente, avec une clarté remarquable, un exposé tout à fait classique de cette pratique, inspiré de l’ouvrage de référence en la matière, le “Visuddhimagga” (“Chemin de la purification”) de Buddhaghosa. Dans un style limpide et accessible, Bhante Gunaratana s’adresse aux Occidentaux en sachant rendre compréhensible un vocabulaire souvent technique et des expériences fort peu communes…
Nous vous proposons de découvrir quelques extraits de son chapitre 2, introductif, dans la traduction de Gilbert Gauché, parue chez Marabout le 9 mai 2012.



La concentration et les jhanas

La concentration est un rassemblement de toutes les forces positives de l’esprit en un rayon intense. Maîtriser la concentration signifie apprendre à diriger ce rayon et à le maintenir là où nous le voulons. Cette forme de concentration est forte et énergique, et pourtant douce, et elle ne vacille pas. Développer la concentration demande d’abord d’éliminer certains facteurs mentaux qui l’empêchent de croître. Ensuite, nous apprenons à diriger son faisceau sur les choses justes qui, dans l’esprit, sont véritablement bénéfiques. Quand nous étudions attentivement les facteurs négatifs, ils cessent de nous lier et nous en nous libérons. Associée à l’Attention, la concentration permet à l’esprit de se regarder lui-même, d’examiner ses propres mécanismes, de trouver et de dissoudre les éléments qui empêchent son cours naturel.

Comment y parvenir ?

Nous progressons lentement vers la concentration, principalement en affaiblissant certains facteurs perturbateurs, puis en les mettant « en suspens. » En réalité, les éléments qu’il faut affaiblir ne sont que de petites choses : la peur, l’anxiété, la colère, l’avidité, la honte, par exemple. Ce sont de simples habitudes mentales, mais elles sont si profondément gravées en nous que nous croyons qu’elles sont naturelles, qu’elles font partie de notre esprit et, d’une certaine façon, qu’elles constituent des réactions au monde justes, correctes et appropriées. Qui plus est, nous pensons qu’elles sont nous ; nous croyons qu’elles sont, d’une manière ou d’une autre, inscrites dans notre nature fondamentale et nous nous identifions à elles.

Ces choses-là sont à la base de notre façon de vivre, la seule manière de percevoir le monde que nous connaissions. Et nous pensons que nous en avons absolument besoin pour survivre, que celui qui ne voudrait pas agir ainsi serait stupide, que celui qui ne serait pas mû par ses émotions serait, au mieux un robot sans âme, au pire déjà mort.
Pourtant, tous ces obstacles et empêchements ne sont que des habitudes. Nous pouvons apprendre à les connaître et à utiliser certaines techniques qui les mettent en sommeil pendant un temps. Ensuite, pendant que les obstacles sommeillent, nous pouvons faire l’expérience directe de la nature joyeuse, lumineuse et rayonnante de l’esprit fondamental sous-jacent.

Lorsque nous avons eu l’expérience de l’esprit tel qu’il est réellement, sous toutes les souillures mentales, nous pouvons commencer à faire apparaître par petites touches ce calme lumineux dans notre vie quotidienne. Ces moments privilégiés nous aident à éroder les habitudes que nous voulons éliminer et à atteindre une concentration plus profonde qui va permettre à une plus grande félicité de s’infiltrer dans nos vies. Celle-ci, à son tour, entraîne une compréhension plus profonde des habitudes négatives, ce qui les affaiblit encore plus. Et ainsi de suite. C’est une spirale ascendante dans la paix, la joie et la sagesse.
Mais nous devons commencer ici, exactement là où nous sommes maintenant.

Que sont les jhanas ?

Ce livre est un guide menant aux jhanas. Les jhanas sont des états de la fonction mentale qu’il est possible d’atteindre par la concentration profonde. Ils sont au-delà du fonctionnement de l’esprit ordinaire, conceptuel – celui avec lequel vous êtes en train de lire ce livre en ce moment même. Pour la plupart d’entre nous, ce fonctionnement conceptuel est tout ce que nous avons jamais connu et le seul que nous concevions. En ce moment, il est peu probable que nous puissions même imaginer ce que serait être au-delà de la pensée, au-delà des perceptions sensorielles, au-delà de notre asservissement aux émotions. La raison en est que le niveau mental qui essaye d’imaginer est uniquement constitué de sensibilité, d’intellection et d’émotivité. C’est tout ce que nous avons la possibilité de connaître. Mais, les jhanas se trouvent au-delà de ces phénomènes. C’est une gageure de les décrire, car les seuls mots que nous connaissions sont liés aux concepts, aux impressions sensorielles et aux émotions qui nous hypnotisent.

Le mot jhana est un dérivé de jha (qui provient du Sanscrit dyai), dont la signification est « brûler, » « supprimer, » ou « absorber ». Ce qu’il veut dire, en tant qu’expérience, est difficile à exprimer. Il est généralement traduit comme « un état méditatif profondément concentré » ou par « concentration d’absorption » ou même simplement par « absorption ».
Cependant, traduire jhana par « absorption » peut être trompeur. Vous pouvez être absorbé dans n’importe quoi – payer vos impôts, lire un roman, concevoir une vengeance, pour citer quelques simples exemples. Mais, il ne s’agit pas de jhana. Le mot « absorption » peut aussi suggérer que l’esprit devient comme une pierre ou un légume, sans aucune sensation, perception ou conscience. Quand vous êtes totalement absorbé dans le sujet de votre méditation, quand vous vous unissez à lui, ne faites plus qu’un avec lui, vous êtes complètement absent. Mais ce n’est toujours pas le jhana, du moins pas ce que les bouddhistes considèrent comme un « vrai jhana ». Dans le vrai jhana, vous pouvez être inconscient du monde extérieur, mais vous êtes complètement présent à ce qui se passe intérieurement.

Le vrai jhana est un état d’esprit équilibré dans lequel de nombreux facteurs mentaux sains travaillent ensemble harmonieusement. À l’unisson, ils rendent l’esprit calme, détendu, serein, paisible, apaisé, doux, malléable, vif, et équanime. Dans cet état d’esprit, la pleine conscience, l’effort, la concentration, et la compréhension sont consolidés. Tous ces facteurs travaillent ensemble, en équipe.
Et, comme il n’y a pas de concentration sans sagesse, ni de sagesse sans concentration, les jhanas jouent un rôle très important dans la pratique de la méditation.

La concentration juste et la concentration fausse

La concentration juste est éveillée et consciente. L’Attention et la claire compréhension sont ses signes distinctifs. L’esprit peut ne prêter aucune attention au monde extérieur, mais il connaît exactement ce qui se passe dans l’état jhanique. Il reconnaît les facteurs mentaux sains du jhana, sans les mettre en mots, et il sait ce qu’ils sont et ce qu’ils signifient. L’Attention est le précurseur de la concentration juste. Le jhana se produit en réprimant les obstacles. Pour que vous reconnaissiez qu’un obstacle est présent dans l’esprit et puissiez le surmonter, l’Attention doit être présente. L’Attention avant le jhana mène à l’Attention dans le jhana. En plus de l’Attention, la clarté, la pureté, la confiance, l’attention et l’équanimité doivent être présentes dans la concentration juste.

La fausse concentration est la concentration d’absorption sans l’Attention. Elle est dangereuse, car vous pouvez vous attacher à cet état. Si vous vous rendez compte que vous pratiquez la fausse concentration, vous devez en sortir aussi vite que possible. Cette habitude est attirante et elle s’enracine facilement. Il est préférable de ne pas parvenir du tout à la fausse concentration.
Comment savez-vous que votre concentration est fausse ? Voici un indice : vous perdez toutes les sensations. Dans le vrai jhana, la sensibilité demeure. Elle est subtile, mais présente. Vous ne perdez toute sensibilité que lorsque vous êtes parvenu au niveau très élevé connu comme « la cessation de toutes perceptions et sensations ». Mais, jusque-là, vous continuez d’avoir des sensations et des perceptions.

Il existe des états erronés dans lesquels il semble que vous ayez atteint ce niveau. Si, quand vous vous asseyez pour méditer votre corps se détend et est paisible, si vous perdez la sensation de la respiration et du corps, n’entendez plus rien, vous devez vous rendre compte que vous êtes en train de vous endormir et non d’aller vers la vive clarté du jhana. Dans un instant, vous ronflerez – au figuré, si ce n’est littéralement. Si vous ne ressentez rien du tout, c’est que votre concentration n’est pas la concentration juste.
Vous pouvez demeurer dans ces états d’absorption erronés pendant une longue durée.
[…] La claire compréhension

Claire compréhension veut dire demeurer pleinement éveillé et conscient au milieu de n’importe quelle activité, de tout ce que fait votre corps et de tout ce que vous percevez. C’est une observation intérieure de tout ce qui se passe dans l’esprit et le corps. La claire compréhension requiert « l’attention pure » (« pure » au sens de nue, sans rien y ajouter) pour garantir que vous êtes attentif aux choses justes et que vous l’êtes de la bonne façon. C’est un contrôle de qualité qui surveille ce qui est perçu et comment la perception est effectuée.
Vous devez diriger tout spécialement cette attention pleine, claire et pure sur quatre choses:

Le but de la concentration : vous utilisez la concentration pour vous libérer en voyant anicca (prononcé « a-ni-tcha ; l’impermanence), dukkha (prononcé douk-ka ; la souffrance), et anatta (l’absence d’un soi immuable / la nature sans soi) de tout ce dont nous avons l’expérience (nous examinerons plus en détail ces trois caractéristiques de l’existence au chapitre 7). Vous effectuez un effort d’attention pour comprendre l’utilité de parvenir à la concentration. Vous cherchez à parvenir à la concentration pour comprendre les choses telles qu’elles sont réellement. Vous ne le faites pas pour le plaisir, ni pour développer des pouvoirs mentaux ou psychiques.

La qualité de votre pratique de la concentration : effectuez-vous votre concentration de la bonne manière, en utilisant l’attention pure sans avidité, aversion, ou illusion mensongère ? Ou bien, vous appesantissez-vous sur des sujets malsains et nourrissez-vous les obstacles ? Vos efforts d’Attention ont pour but de comprendre que tout votre travail préparatoire pour parvenir à la concentration doit avoir pour objectif d’atteindre votre but. De nombreuses choses sont nécessaires pour le succès de votre pratique et vous devez faire en sorte que toutes soient une aide pour vous.

Le domaine de la concentration : sur quoi vous concentrez-vous ? Les quatre objets indiqués dans les « Quatre bases de l’Attention » (de la pleine conscience) constituent le véritable domaine de votre concentration ; c’est-à-dire : l’Attention au corps, aux sensations et aux mouvements affectifs, à l’esprit, et aux objets mentaux. Vous en saurez plus sur ces sujets au chapitre 10. Pour parvenir à la concentration, votre « domaine » est l’objet de méditation particulier sur lequel vous avez choisi de focaliser votre esprit, jusqu’à ce que celui-ci parvienne à la concentration.

L’absence d’illusion de la concentration juste : contrairement à ce qui se passe dans la fausse concentration, voyez-vous véritablement ce qui est – l’impermanence, la souffrance et l’absence de soi ? Votre attention est-elle claire, vive, et pénètre-t-elle les voiles de l’illusion ? Sinon, voyez-vous des choses qui vous paraissent stables, durables, ayant le pouvoir de vous rendre heureux ou triste en permanence ?

En vérité, l’utilité de la claire compréhension dépasse les jhanas. Vous devez l’introduire dans tout ce que vous faites : manger attentivement avec une compréhension claire, boire, marcher, vous asseoir, vous allonger, et répondre aux besoins de la nature de la même façon. Pleinement conscient, avec la claire compréhension, porter vos vêtements, travailler, conduire, faire attention à la sécurité de la circulation routière, parler, rester silencieux, écrire, cuisiner, laver la vaisselle. Tout faire en étant pleinement éveillé à l’action. Essayer de connaître tout ce qui se passe dans votre esprit et dans votre corps.
Ces activités, effectuées avec l’Attention et la claire compréhension préparent votre esprit à atteindre le jhana. Quand vous serez vraiment prêt, vous y parviendrez sans difficulté.
Les bienfaits du jhana

Certains enseignants disent que les jhanas ne sont pas nécessaires, qu’ils ressemblent à des jeux pour les méditants avancés. Il est peut-être techniquement vrai que certaines personnes puissent parvenir à la libération définitive de l’avidité, de l’illusion et de la souffrance sans la méditation jhanique, mais parvenir aux jhanas présente beaucoup d’avantages.

D’abord, il y a la paix et la joie incroyables dont vous faites l’expérience. Cette sensation est merveilleuse en elle-même, et vous en ramenez quelque chose dans votre vie quotidienne. Le vaste calme des jhanas commence à pénétrer votre existence journalière.

Encore plus important est le soutien qu’ils apportent au reste de votre pratique. Ils ont le goût de la libération, d’une libération totale de tous les tourments psychologiques et psychiques qui nous poursuivent. Mais ils ne sont pas en eux-mêmes cette libération totale ; ce ne sont que des états temporaires qui ont une fin. Quand elle arrive, votre monde ordinaire et votre façon d’entrer en relation avec lui sont de retour avec la souffrance qu’ils entraînent. Quoi qu’il en soit, les jhanas vous donnent la certitude absolue qu’autre chose existe, que votre esprit aussi contient les germes de la liberté complète. Grâce aux jhanas, vous avez la certitude expérimentale que la libération n’est pas une simple théorie pouvant, peut-être, concerner les autres, mais jamais vous. Parvenir aux jhanas vous donne une énergie et un encouragement incroyables pour votre pratique.

Les jhanas vous enseignent la véritable et puissante concentration qui est essentielle sur le chemin de la vision intérieure – vipassana. Les jhanas, et tout particulièrement le quatrième (que nous examinerons en détail au chapitre 12), peuvent être utilisés pour voir l’impermanence, la souffrance et l’absence de soi. Voir la véritable nature de la réalité est le but de la méditation et les jhanas peuvent être mis au service de ce but.
Les pièges potentiels des jhanas

Il est important de savoir qu’il y a, en fait, certains « dangers » lors d’une pratique incorrecte des jhanas. Une personne prudente devrait en être pleinement informée et les prendre au sérieux. Voici les deux principaux :

Un pratiquant des jhanas peut se retrouver « piégé » dans l’extase jhanique.
Il peut développer de l’orgueil autour de sa réalisation.

Il faut prendre ces dangers au sérieux. L’ego peut pervertir et récupérer n’importe quoi à ses propres fins égoïstes, même la voie du Bouddha vers la libération.

L’extase est le but principal de nombreux systèmes contemplatifs non bouddhistes. Vous vous concentrez sur quelque chose – une image, un texte sacré, une pierre sacrée – et vous « partez » avec elle. La barrière entre soi et l’autre se dissout. Vous devenez « un » avec votre objet de contemplation. Le résultat est l’extase. Ensuite, la méditation prend fin et vous êtes de retour dans votre vieux moi habituel, dans votre vieille vie habituelle et vos vieux conflits. C’est douloureux. Alors, vous recommencez. Et encore, encore, encore.
La méditation bouddhique vise un but bien au-delà : une pénétration dans la vérité de votre propre existence, qui chasse l’illusion et vous donne une liberté totale, permanente. C’est un peu comme une voie de chemin de fer. Il y a une voie bien définie qui mène à l’émancipation complète. Le jhana incorrect, sans l’Attention, peut vous attirer hors de la voie, dans un cul-de-sac. Le piège vient du fait que ce cul-de-sac se trouve dans un endroit très attirant. Vous pouvez vous y installer pour toujours et profiter de la vue. Après tout, que pourrait-il y avoir de mieux que l’extase profonde ? La réponse est, bien sûr, la libération durable, qui affranchit de toute souffrance, et non seulement pendant les courtes périodes où vous maintenez votre état extatique.

Le second danger est également périlleux. Les états jhaniques sont des réalisations rares. Quand nous y parvenons, nous commençons à nous prendre pour des gens très exceptionnels. « Ah ! Regardez comme je réussis ! Je commence à être un méditant vraiment avancé. Ces gens-là ne peuvent pas en faire autant. Je suis spécial ! Je suis en passe d’être éveillé ! » En fait, peut-être est-ce partiellement vrai, à un degré plus ou moins élevé. Vous êtes spécial. Et vous devenez un méditant avancé. Vous êtes aussi en train de tomber dans un piège de l’ego qui va bloquer votre progression et être un facteur de découragement pour tous ceux qui vous entourent.

Vous devez prendre ces avertissements au sérieux ! L’ego est subtil et malin. Vous pouvez tomber dans ces pièges sans même vous en rendre compte. Vous pouvez vous engager dans ces manières d’être nocives avec la complète conviction que ce n’est pas le cas !

C’est là que l’enseignant entre en jeu. C’est quelqu’un qui a lui-même, ou elle-même, parcouru tout le chemin, qui est capable de guider le processus et de vous empêcher de vous berner exagérément. L’utilité d’un véritable enseignant, tout spécialement dans les stades intermédiaires et finaux des jhanas, ne peut être exagérée.
Tâchez de trouver un tel enseignant.

Source : Institut d'Etudes Bouddhiques
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ShraWaKa
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Re: Connaître, comprendre… et pratiquer les jhâna !

Message non lu par ShraWaKa » jeu. 28 juin 2018 09:16

Merci tirru jap_8 en complément ci joint l'extrait p24 du manuel de méditation ( source dhammadelaforet ) édité par le Wat Pah Nanachat grâce au soutient des disciples d'Ajahn Chah dans la tradition de la forêt en Thaïlande.
Il s'agit de la transcription d'enseignements qui ont été donnés oralement par le vénérable Ajahn Brahmavamso et Ajahn Nyanadhamo.

Ce post fait également echo avec l'obstacle de la peur abordé dans le fil Ayya Khema et son enseignement
Deux obstacles sont commun au seuil de la première jhāna: l’excitation ou la peur.

L’excitation c'est s'agiter, au moment ou l'esprit pense <<Ouaah la voila ! >>, il est alors très peu probable que la jhāna se montre. Cette réaction <<Ouaah>> doit être subjuguée en faveur d'une passivité absolue. Vous pouvez garder toutes les exclamations pour plus tard, quand vous émergerez de la jhāna, à un moment ou elles seront plus appropriées.

L'obstacle toutefois le plus probable c'est la peur. La peur apparaît dés que sont reconnues la puissance et la béatitude absolues de la jhāna, ou quand on reconnaît que, pour complétement pénétrer dans la jhāna, il faut abandonner quelque chose : vous !

Le <<faiseur>> est silencieux avant la jhāna, mais toujours présent. Dans la jhāna , par contre, il disparaît complètement. Le <<connaisseur>> fonctionne toujours, vous êtes pleinement conscient, mais toutes les commandes sont maintenant hors de portée. Vous ne pouvez même pas formuler une seule pensée, sans parler de prendre une décision. La volonté est gelée et ceci peut paraître effrayant pour le débutant. Ça ne vous était encore jamais arrivé auparavant dans votre vie d'etre aussi dénué de tout contrôle, et pourtant aussi complètement eveillé.
Cette peur, c'est la peur de céder quelque chose d'aussi essentiellement personnel que la volonté de faire.

Cette peur peut être surmontée par la confiance dans les enseignements du Bouddha ainsi que dans la séduisante béatitude que l'on peut apercevoir un peu plus loin comme récompense.
Le Bouddha a souvent dit <<qu'il ne faut pas s'effrayer de cette béatitude qu'il y a dans la jhāna , mais la suivre, la développer et la pratiquer souvent>> (Latukikopama Sutta Majjhima Nikaya). Alors juste avant que n'apparaisse la peur, offrez votre pleine confiance à cette béatitude et maintenez votre foi dans les enseignements du Bouddha et l'exemple des nobles disciples. Faites confiance au Dhamma et laissez la jhāna vous embrasser chaleureusement pour une expérience sans effort, en dehors du corps et de l'ego, béatifiante et qui sera la plus profonde de votre vie. Ayez le courage de complétement abandonner le contrôle pour un moment et de vivre tout ceci par vous meme.

Si c'est une jhāna, elle va durer longtemps. Ça ne mérite pas de s'appeler une jhāna si ça ne dure que quelques minutes. Habituellement les jhānas supérieures persistent plusieurs heures.
Une fois entré dedans on n'a plus la possibilité de choisir. Vous ne sortirez de la jhāna qu'une fois que l'esprit est prêt à en sortir, lorsque les <<crédits>> d'abandon accumulés auparavant sont complètement dépensés. Ce sont des états de conscience si tranquilles et satisfaisants que leur nature même est de persister pendant très longtemps. Une autre caractéristique de la jhāna est qu'elle n'arrive qu’après qu'on ait discerné la nimitta telle que décrite plus haut. En outre il faut savoir que lorsque vous êtes immergés dans n'importe laquelle des jhānas, il est impossible de ressentir le corps (p.ex la douleur physique), d'entendre un son de l'extérieur ou de produire une seule pensée, pas même. une <<bonne pensée>>. Il n'y a qu'une unicité de perception, claire, une expérience de béatitude non duelle qui se poursuit sans modification pendant très longtemps. Ce n'est pas une transe mains un état de conscience très élevé.


Source manuel meditation Wat Pah Nanachat
20. «Ici, Udāyin, tout à fait isolé des plaisirs sensuels, isolé des états malsains, un bhikkhu entre et
demeure dans le premier jhāna, qui est accompagné d'une pensée appliquée et soutenue, avec un
ravissement et un plaisir nés de la solitude. Avec la tranquillisation de la pensée appliquée et
soutenue, un bhikkhu entre et demeure dans le deuxième jhāna, qui a la confiance et l'unité de
l'esprit sans la pensée appliquée et soutenue, avec un ravissement et un plaisir nés de la
concentration. Avec l'évanouissement du ravissement, un bhikkhu demeure en équanimité, et
attentionné et pleinement conscient, ressentant toujours des plaisirs avec le corps, il entre et
demeure dans le troisième jhāna, à propos duquel les nobles déclarent
: 'Il a une demeure agréable,
celui qui est en équanimité et en pleine conscience.' Avec l'abandon du plaisir et de la douleur, et
avec la disparition antérieure de la joie et de la peine, un bhikkhu entre et demeure dans le
quatrième jhāna, qui n'a ni douleur ni plaisir et a la pureté de la pleine conscience par l'équanimité.


Source fleursdudharma.com Latukikopama Sutta
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