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axiste
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Sri aurobindo nous dit « la raison tremble », parce que ces vérités supérieures apparaissent toujours, dans le domaine humain, comme des paradoxes, des révélations en contradiction avec la raison ; non parce que la raison n’est pas capable de comprendre ce qui vient des régions supérieures, mais parce que ces révélations sont toujours en avant, beaucoup en avant sur ce que la raison a compris et admis.
Ce que la raison humaine d’aujourd’hui trouve raisonnable, a été paradoxal et fou dans le temps passé ; et probablement — on peut dire sûrement —, ces révélations inattendues, paradoxales, révolutionnaires, qui s’expriment maintenant et font trembler la raison, seront dans les temps à venir une connaissance très raisonnable, qui elle-même tremblera devant les révélations nouvelles.

C’est cette sensation de quelque chose qui est toujours en mouvement, toujours en progrès, toujours en transformation, que Sri aurobindo essaye de nous donner quand il nous dit ces courtes phrases qui font vaciller pendant un temps notre compréhension des choses, c’est pour nous précipiter en avant, pour nous donner le sens de cette relativité complète de tout ce qui s’exprime dans le monde, et nous faire sentir que cet univers est en marche, toujours en marche, vers une Vérité plus haute et plus grande.

Pour nous, maintenant, la transformation supramentale est l’expression de la Vérité la plus haute, c’est la révolution qu’il nous faut accomplir sur la terre ; et certainement, pour la majorité des êtres humains, il faut qu’ils aient le sentiment d’un absolu dans cette révolution, autrement ils ne pourraient pas l’accomplir.

Mais Sri aurobindo insiste pour que nous n’oubliions pas que cet absolu est encore un relatif, et que la manifestation sera toujours relative par rapport à un absolu encore plus absolu, qui est le non-manifesté qui se manifestera plus tard.

26 septembre 1958

Pensées et Aphorismes, extrait

Sri aurobindo
Cinq clefs pour la parole correcte :
- dire au bon moment, prononcer en vérité, de façon affectueuse, bénéfique et dans un esprit de bonne volonté."
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Floch
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Merci Axiste; jap_8

Des aphorismes qui sont sources de méditation... dont celui-ci :
"Du temps où j’avais la raison qui divise, beaucoup de choses me répugnaient. Plus tard, quand je l’ai perdue dans la vision, j’ai cherché à travers le monde les choses laides et repoussantes, mais je n’arrivais plus à les trouver".
Commentaire associé : "Douce Mère, en vérité n’y a-t-il rien dans le monde qui soit laid et repoussant ? Est‑ce seulement notre raison qui voit les choses comme cela ?

Pour comprendre vraiment ce que Sri Aurobindo veut dire ici, il faut avoir eu, soi-même, l’expérience de dépasser la raison et d’établir sa conscience dans un monde supérieur à l’intel-ligence mentale. Car de là-haut on peut voir, premièrement, que tout ce qui existe dans l’univers est une expression de Satchidânanda (Être-Conscience-Félicité) et par conséquent, derrière l’apparence quelle qu’elle soit, on peut, en allant assez profondément, percevoir Satchidânanda qui est le principe de la suprême beauté. Deuxièmement, que tout dans l’univers manifesté est relatif, au point qu’il n’est pas de beauté qui ne puisse paraître laide si on la compare à une beauté plus grande, pas de laideur qui ne puisse paraître belle si on la compare à une laideur beaucoup plus laide encore.

Lorsque l’on peut voir et sentir ainsi, on s’aperçoit immé-diatement de l’extrême relativité de ces impressions, et de leur irréalité au point de vue absolu. Cependant, tant que nous demeurons dans la conscience de la raison, il est en quelque sorte normal que tout ce qui choque notre aspiration vers la perfection, notre volonté de progrès, tout ce que nous cher-chons à dépasser et à surmonter, nous apparaisse comme laid et repoussant, puisque nous sommes à la recherche d’un idéal plus élevé et que nous voulons monter plus haut.

Pourtant, ce n’est encore qu’une demi-sagesse fort éloignée de la sagesse véritable, une sagesse qui ne paraît sage que dans l’ignorance et l’inconscience.
Dans la Vérité tout est différent, et le Divin resplendit en toute chose. .
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axiste
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Merci pour le partage ta contribution Floch jap_8

Booky buddy

Les changements que nous voyons dans le monde aujourd’hui sont intellectuels, moraux, physiques dans leur idéal et leur intention. La révolution spirituelle attend son heure et, pendant ce temps, fait surgir ses vagues ici et là. Jusqu’à ce qu’elle vienne, le sens des autres changements ne peut pas être compris; et jusqu’à ce moment-là, toutes les interprétations des événements présents et toutes les prévisions de l’avenir humain sont choses vaines. Car la nature de cette révolution, sa puissance et son issue sont ce qui déterminera le prochain cycle de notre humanité.

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axiste
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(...)nous avons été habitués à entendre, peut-être avons-nous répété aussi bien des fois, que l’on ne peut avoir que des connaissances partielles, incomplètes, fragmentaires, et qui, par conséquent, ne peuvent pas être des connaissances vraies. Ce point de vue est assez banal et il suffit d’avoir étudié un peu dans sa vie pour s’en être rendu compte, mais ce que sri aurobindo veut dire par « la vérité vue dans un milieu déformé », est beaucoup plus intéressant que cela.
C’est la Vérité elle-même qui change d’aspect, c’est elle qui dans ce milieu-là n’est plus la Vérité, mais une déformation de la Vérité; et par conséquent, ce que l’on peut en saisir, ce n’est pas un morceau qui serait vrai, mais un aspect, l’apparence fausse d’une vérité qui elle-même s’est évanouie.
Je vais vous donner une image pour essayer de me faire comprendre. Ce n’est qu’une image et rien de plus, ne la prenez pas au pied de la lettre.

Si nous comparons la Vérité essentielle à une sphère de lumière blanche, éblouissante et sans tache, nous pouvons dire que dans le milieu mental, dans l’atmosphère mentale, cette lumière blanche, totale, se transforme en des milliers et des milliers de nuances qui ont chacune leur couleur distincte, parce qu’elles sont séparées l’une de l’autre — le milieu a déformé la lumière blanche et la fait percevoir comme d’innombrables couleurs différentes, rouge, vert, jaune, bleu, etc., qui sont parfois très discordantes, et le mental se saisit, non d’un petit morceau de lumière blanche de la sphère blanche, mais d’un certain nombre, plus ou moins grand, de petites lumières de couleurs différentes, avec lesquelles il ne peut même pas reconstituer la lumière blanche ; par conséquent il ne peut pas atteindre la Vérité. Ce ne sont pas des fragments de vérité qu’il possède, mais une vérité décomposée. C’est un état de décomposition.
La Vérité est un tout, et tout est nécessaire. Le milieu déformé dans lequel vous voyez, l’atmosphère mentale, est impropre à manifester, ou à exprimer, ou même à percevoir tous les éléments — et on peut dire que c’est le meilleur qui échappe. on ne peut donc plus appeler cela la Vérité, mais quelque chose qui essentiellement est vrai et qui, là, dans l’atmosphère mentale, ne l’est plus du tout — une ignorance.
ainsi, pour résumer, je dirai que la Connaissance telle que le mental humain peut la saisir est forcément une connaissance dans l’ignorance, on pourrait presque dire une connaissance ignorante.
La sagesse, c’est la vision de la Vérité dans son essence, et de son application dans la manifestation.
...
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Sri aurobindo
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D’une façon générale et presque absolue, si l’on veut vraiment profiter de cette lecture, comme de celle de tous les écrits de sri aurobindo, la meilleure méthode est celle-ci : après avoir rassemblé sa conscience, fixé son attention sur ce qu’on lit, il faut établir un minimum de tranquillité mentale — si l’on peut obtenir le silence parfait, c’est la meilleure chose — et arriver à un état d’immobilité cérébrale tel que l’attention devient semblable à la surface d’une eau absolument paisible.

Alors la chose lue traverse cette surface et pénètre profondément dans l’être où elle est reçue avec le minimum de déformation; et après, quelquefois longtemps après, cela resurgit des profondeurs et se manifeste dans le cerveau avec sa pleine puissance de compréhension, non comme une connaissance acquise du dehors, mais comme une lumière que l’on portait au-dedans de soi.
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Sri aurobindo
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Nous lisons, nous essayons de comprendre, nous expliquons, nous essayons de savoir, mais une seule minute d’expérience vraie nous en apprend plus que des millions de mots et des centaines d’explications.
Alors, la première question, c’est : « Comment avoir l’expérience ? »
Rentrer au-dedans de soi, c’est le premier pas.
Et une fois que l’on a réussi à entrer assez profondément pour sentir la réalité de ce qui est au-dedans, s’élargir progressivement, systématiquement, pour devenir aussi vaste que l’univers et perdre le sens des limites.
Ce sont les deux premiers mouvements préparatoires.
Et ces deux choses doivent se faire dans un calme, une paix, une tranquillité aussi totales que possible. Cette paix, cette tranquillité dans le mental produit le silence, et dans le vital, l’immobilité.
Il faut renouveler cet effort, cette tentative très régulièrement, d’une façon persistante, et au bout d’un certain temps, plus ou moins long, on commence à percevoir une réalité différente de celle que l’on perçoit dans la conscience extérieure ordinaire.
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