Meilleures traductions françaises

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Bruno
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Bonjour Tirru,

J'ai écouté l'enregistrement de Dominique Trotignon.
Il dit des choses intéressantes sur la tradition de la forêt mais il ne parle pas vraiment des traductions en français.

Dans le contexte de la méditation vipassana, sati, c'est se souvenir de rester dans l'instant présent. Il s'agit d'une ouverture pleine et entière qui élargit et approfondit le champ de l'expérience. Sati en tant que tel est tout à fait passif, mais il est toujours associé à d'autres facteurs mentaux. C'est son association à d'autres facteurs mentaux, viriya surtout au début de la pratique, qui le rend plus actif. Mais au fur et à mesure que la méditation s'approfondit, l'intervention de la volonté est de moins en moins nécessaire. A ce moment là sati s'associe à sampajanno et la vision pénétrante à proprement parler émerge. Il ne s'agit donc pas d'une analyse.

Il me semble qu'au début de la pratique effectivement, on se remémore l'objet et on tente de le garder à l'esprit. C'est le cas pour les kasiṇa, les disque de terre ou de couleur, pour les anussati (les remémorations des qualités du Bouddha, du Dhamma, de sa propre vertu, etc.) et pour toutes les méditations de samatha, qui prennent des concepts pour objet. Mais au fur et à mesure que la pratique s'approfondit, c'est la contemplation directe de l'instant présent et de l'impermanence qui compte. A ce moment là, il s'agit bien d'être ouvert à quelque chose de neuf, qu'on ne connaît pas. La réflexion intellectuelle est incapable de nous faire dépasser nos habitudes mentales, elle reste toujours imprécise et vague. La vision directe par contre est certaine. Bien sûr, on est obligés de partir des concepts, de les noter, de les "reconnaître", mais peu à peu on se rapproche de l'instant présent, et on finit par dépasser les concepts, on se désintéresse du contenu, on ne cherche plus à reconnaître un homme, une femme, etc. et on observe le processus. A ce moment là on découvre quelque chose de neuf.

En écoutant Dominique Trotignon, je reste un peu sur ma faim, car j'ai l'impression qu'il ne parle pas de cet aspect là.

Il y a une école en Birmanie très connue: Mogok, où on enseigne d'abord la théorie. Selon eux, il est inutile de se mettre à la pratique sans avoir compris intellectuellement la doctrine. On mémorise par coeur, pour créer un conditionnement positif qui tombera à pic au moment opportun, lorsqu'on pratiquera la méditation. Peut-être s'agit-il là aussi d'une forme de sati!

En tout cas ce forum est très bien fait, car on peut changer le texte qu'on a mis!
Bruno
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Bruno
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Je suis passé à la librairie de La Procure à Paris ce mardi et j'ai été surpris d'y trouver une traduction en français du Dīgha Nikaya (y compris le mahasatipaṭṭhāna sutta) par Mohan Vijayaratna.
C'est un peu cher mais je l'ai achetée. L'éditeur est Lys. Le Majjhima Nikaya a aussi été traduit, mais la librairie est en train de commander de nouveaux exemplaires.
Donc il y a bien (enfin) une traduction directe vers le français!
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