Comment méditez-vous la vacuité ?

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ShraWaKa
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Re: Comment méditez-vous la vacuité ?

Message non lu par ShraWaKa » jeu. 8 mars 2018 10:15

En complément suite au partage d'Ancestral & Davi au sujet de l'ouvrage:
La voie du Bouddha selon la tradition tibétaine de Kalou Rinpoché.

ImageKyabjé Kalu Rinpoché
lama bouddhiste, maître de méditation et enseignant né en 1905 dans la région de Tréhor au Kham (Tibet oriental) et mort le 10 mai 1989 dans son monastère à Sonada. Dans la tradition du bouddhisme tibétain, il est d'abord un moine appartenant à l'école des Kagyüpa. Il fut l'un des premiers maîtres tibétains à enseigner en Occident.
Source Wikipedia


<< Toutes les traditions spirituelles, bouddhiques et non bouddhiques, diffèrent dans leurs formes pour s’adapter à la réceptivité et aux facultés de personnes variées ; mais toutes œuvrent pour établir les êtres sur le chemin des existences supérieures et de la libération.
Étant toutes issues de l’activité du parfait éveil, sans exception, elles méritent notre confiance.
>>
L’enseignement éclairé de ce grand maître de méditation de la tradition tibétaine confirme l'approche méditative commune permettant d'accéder à la réalisation de la vacuité.
Méditations analytiques et contemplatives 1

Il y a deux principales sortes de méditations utiles et importantes : la première est une approche intellectuelle, analytique, la seconde une approche intuitive, contemplative.

Dans la première approche, nous recevons les instructions d’un enseignant, puis nous les étudions et pratiquons toutes, en réfléchissant à ce qui nous a été enseigné, et en le comparant à notre expérience personnelle afin de le valider ou pas. Nous examinons et analysons à un niveau conceptuel ce qui nous a été dit, pour en reconnaître la justesse. C’est une approche très bénéfique, mais qui ne débouche pas sur l’expérience authentique de la nature de l’esprit.

Une deuxième approche est donc nécessaire : directe, intuitive, non conceptuelle, immédiate, elle consiste à voir la nature de l’esprit, ou, dit autrement, à ce que la nature de l’esprit se voit en elle-même, sans recherche intellectuelle. Contrairement à la démarche analytique, qui a un caractère objectivant – l’esprit se cherchant lui-même –, cette seconde approche, contemplative, consiste à demeurer dans un état de « pure simplicité », en lequel le fondement naturel de l’esprit se révèle, « de lui-même à lui-même ».

Plutôt que de chercher délibérément ce qu’est l’esprit, on s’ouvre à la révélation immédiate de sa nature. Il n’y a personne qui ­cherche, rien qui soit cherché, il n’y a ni sujet ni objet, mais simplement un état d’intelligence immédiate en lequel la nature de l’esprit se dévoile. À ce niveau, nous n’observons plus l’esprit comme durant la méditation analytique, mais le voyons sans regarder et le comprenons sans réfléchir.

Shamatha, vipashyanâ et Mahâmudrâ

Dans l’approche habituelle de la méditation, vient en premier lieu la pratique dite de la « tranquillité de l’esprit », « shamatha » en sanscrit, « shiné » en tibétain. Elle apprend à « rester tranquille », à laisser l’esprit dans un état où s’apaisent les pensées et les passions ; elle permet de laisser son esprit posé sans distraction, paisible et tranquille.

Puis vient la méditation de la « claire vision 2», amenant l’esprit à reconnaître sa propre nature, à comprendre par l’expérience directe sa vacuité, sa clarté et son intelligence illimitée. L’esprit se reconnaît alors lui-même et accède finalement à l’expérience de Mahâmudrâ.

Il existe, en fait, différentes approches de shamatha et de vipa-
­­sh­yanâ : le niveau ordinaire et le niveau spécial de Mahâmudrâ, qui est l’ultime forme de vipashyanâ.

Prenons un exemple : dans un premier temps, la pratique de shamatha stabilise l’esprit habituellement agité par ses pensées et ses émotions. L’esprit peut se comparer à l’océan dans la tempête, pensées et émotions étant ses vagues ; shamatha coupe court à l’énergie qui sous-tend l’agitation qui, dans l’exemple, serait le vent. Lorsque le vent cesse, l’océan s’apaise. En l’absence de stimulation, l’esprit agité se tranquillise. L’agitation de l’esprit est à l’origine de nos illusions et de nos conditionnements douloureux, et il est nécessaire d’apprendre à la laisser s’apaiser. Les progrès de shamatha introduisent l’esprit à un état de clarté, de repos et de paix, qui est aussi un état de félicité.

La pratique de vipashyanâ permet ensuite de reconnaître la nature même de l’esprit. Le repos de l’esprit est comparable à celui de l’océan, et la vision de sa nature à la réflexion de la lune dans ses eaux. Sur l’océan agité par des vagues la lune ne peut être vue clairement, alors que si l’océan est étale, elle se reflète avec précision. Lorsque l’esprit arrive à un état de repos complet, sa nature profonde peut se révéler. Le repos de l’esprit correspond à shamatha et l’expérience de sa nature à vipashyanâ.

Un autre exemple, illustrant la complémentarité de shamatha et de vipashyanâ, compare l’océan de l’esprit à des eaux troubles, opacifiées par l’agitation de ses pensées et de ses émotions, qui sont comme des boues en suspension. La pratique de shamatha arrête l’agitation de l’esprit ; de même que l’eau immobile se décante et devient limpide, l’esprit devient alors clair et transparent. Cette transparence de l’esprit permet de voir son fond, comme il devient possible de discerner les profondeurs de l’océan à travers des eaux claires. Cette vision profonde est comparable à la pratique de vipashyanâ. La pratique de shamatha est ainsi un préliminaire nécessaire à celle de vipashyanâ.

La méditation silencieuse, sans forme et sans objet, est l’aspect essentiel de shamatha ; l’expérience d’attention pure, sans support, développe autant la tranquillité et la stabilité de l’esprit qu’une première expérience de sa nature.

Mais ce n’est qu’au niveau de vipashyanâ – la claire vision – que sa vacuité est vraiment réalisée, dans une expérience totalement non conceptuelle, libre de toute référence et de toute fabrication mentale. Au-delà des interrogations et des constructions mentales, elle est simplement l’expérience directe de l’intangibilité de l’esprit. Ce n’est pas quelque chose que nous puissions expérimenter dès le début, car notre pratique est d’abord inévitablement mêlée à des fabrications mentales ; mais vipashyanâ conduit progressivement l’esprit vers l’expérience de vacuité et d’intangibilité, libre de toute conception. Lorsque la pratique de shamatha-vipashyanâ devient stable, elle nous introduit à l’expérience de Mahâmudrâ 3.

Pour comprendre ce dont il s’agit, il faut le découvrir par l’expérience, puis progressivement le stabiliser par la pratique. Kalou Rinpoché


Extrait chapitre Shamatha-Vipashyanâ
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davi
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Re: Comment méditez-vous la vacuité ?

Message non lu par davi » jeu. 8 mars 2018 20:18

Y-a plus qu'à... :cool:
S'indigner, s'irriter, perdre patience, se mettre en colère, oui, dans certains cas ce serait mérité. Mais ce qui serait encore plus mérité, ce serait d'entrer en compassion.
Le Bouddhisme Le sutra du coeur603.WMA
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Re: Comment méditez-vous la vacuité ?

Message non lu par yudo » jeu. 8 mars 2018 21:45

Ah! Le sujet dont on ne doit pas parler!

Je pensais ce matin au passage du sûtra: "Il n'y a pas d'acquisition et pas non plus de profit, car il n'y a rien qui puisse être acquis". De dérive en dérive (oui, vous avez deviné, en Zazen shuuuuuuuuuuuuttttt ) j'ai pensé à la structure atomique des choses, constituée à 99,999999% de vide, et puis m'est venue une idée simple.
La discrimination nous sert dans la vie de tous les jours à établir des hiérarchies, des priorités, à construire des assemblages, bref, elle nous est indispensable, que ce soit dans le discours ou dans l'élaboration de choses.
Mais lorsque je parle de "fruits", je ne parle ni d'oranges, ni de pommes, ni de poires, ni de bananes. A partir du moment où je parle de la catégorie dans son ensemble, les distinctions à l'intérieur de cette catégorie n'existent plus. Je ne vais pas parler de "fruits et de poires". Ce serait ridicule. On ne peut le faire qu'en catégorisant davantage, du genre "divers fruits, mais surtout des poires" ou "diverses sortes de fruit en plus des poires".
Pareil pour les arbres, les véhicules, l'humanité, etc..
A chaque fois qu'on élargit la catégorie, tout ce qui entre dans la catégorie disparaît. Ce qui fait que lorsqu'on parle de Vacuité, un mot simple et dangereux pour dire tout, absolument tout ce qui existe, que ce soit au plan matériel ou même conceptuel, on parle en fait, littéralement, de "tout et de rien"...
La responsabilité des élèves est d'empêcher le maître de se "prendre pour un maître".
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Re: Comment méditez-vous la vacuité ?

Message non lu par ShraWaKa » ven. 28 sept. 2018 09:18

La Mahamudra « Grand Symbole » ou « Grand Sceau » désigne un système de méditation utilisé dans le bouddhisme pour atteindre l'éveil, la réalisation de la nature ultime de l'esprit et de la vacuité, pénétrant tous les phénomènes du samsāra et du nirvāna.
Dans le bouddhisme tibétain cette méthode est principalement pratiquée par la lignée Kagyüpa, mais aussi dans les lignées Gelugpa et Sakyapa.


Au Tibet, après son introduction par Marpa, les principaux maîtres tibétains ayant transmis la Mahamudra sont : Milarépa , Gampopa. Ces maîtres étant à l'origine de la lignée Kagyüpa, la Mahamudra est donc aujourd'hui principalement enseigné dans cette tradition, mais aussi dans les lignées Gelugpa et Sakyapa.

Le corps de la pratique de Mahamudra est divisé en deux :

Samatha / Chiné : exercice de quiétude mentale.
Vipasyana / Lhagthong : méditation de la vision pénétrante.

Source Wikipedia
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